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2017

Le Bol d’une vie

L’édition 2017 du Bol d’Or Mirabaud a été qualifiée de «Bol d’une vie» par de nombreux concurrents. Retour sur une régate à inscrire dans les annales. Éole et Neptune – si on admet qu’ils sévissent dans les eaux lémaniques – n’ont pas pour réputation d’être à l’écoute des desiderata des marins, mais plutôt de se comporter au gré de leurs humeurs. Pourtant, lors de l’édition 2017 du Bol d’Or Mirabaud, les divinités ont décidé d’offrir un cadeau exceptionnel aux concurrents. Ceux qui ont participé pourront toujours s’exclamer: «J’y étais». Pour tous les autres, les regrets seront éternels. Pourquoi donc s’être laissé gagner par les pensées négatives: «Non, pas cette fois, jen’ai pas le temps, c’est trop long et ennuyeux.» Car le Bol 2017 a été celui que chacun rêve secrètement de disputer au moins une fois dans sa vie. Exigeante et éprouvante, particulièrement pour les équipages non aguerris aux conditions musclées, cette course a demandé à tous d’aller puiser dans ses ressources profondes pour se démarquer, ou simplement pour terminer. Météo fidèle au scénario si certains ont dû faire face à l’adversité, personne n’a pu se défiler par rapport à une situation qui n’aurait pas été annoncée. Lionel Fontanaz et Pierre Eckert de MétéoSuisse avaient prévenu tout le monde déjà le jeudi soir: «La bise va souffler dès le matin, et ira en forcissant.» La prévision, limpide, s’est révélée exacte et la flotte a navigué dans un flux de nord allant crescendo, qui a atteint son apogée en milieu de nuit, avec une trentaine de nœuds à l’anémomètre. La perspective d’aller se frotter aux éléments n’a toutefois pas découragé les amateurs, puisque 567 voiliers se sont présentés sur la ligne de départ le samedi matin, contents d’envisager enfin un Bol venté.

Parmi eux, un peu plus de 65 multicoques allant de 18 (C1) à 35 pieds (M1) sont partis quelques centaines de mètres en amont du reste de la flotte, sur la ligne qui leur est désormais dédiée. Avec une quinzaine de nœuds de bise au moment du départ, les plus rapides, soit les D35, se sont rapidement échappés du peloton pour passer la bouée de Versoix, et se diriger en tirant des bords vers la sortie du Petit-Lac. Histoire de famille en tête de course lors des premières transitions à l’entrée du Haut-Lac, Alinghi s’est assez vite retrouvé au coude à coude avec Ladycat, préparé spécifiquement pour l’épreuve. Dona Bertarelli avait en effet la possibilité de remporter définitivement le trophée. Rappelons qu’il faut trois victoires en cinq ans pour espérer disposer définitivement de celui-ci. La patronne de l’écurie Spindrift avait donc mis tous les atouts de son côté, quitte à sortir de la jauge des D35, pour atteindre son objectif. Côté Alinghi, Ernesto Bertarelli, occupé du côté des Bermudes à suivre l’America’s Cup, avait laissé la barre au jeune et talentueux Arnaud Psarofaghis. Les deux voiliers de la famille se sont livrés un duel particulièrement serré jusqu’à la ligne d’arrivée. Un final sous haute tension compte tenu des enjeux. Le reste de la flotte des D35, le GC 32 RealTeam et le M1 Safram, tous candidats au podium, ont bien tenté de s’accrocher au duo lors d’un retour d’anthologie vers Genève. Mais Yann Guichard et Arnaud Psarofaghis n’ont laissé aucune ouverture à leurs poursuivants, gardant même une distance de sécurité confortable afin de jouer le match à deux. Après 5h11 de régate, Alinghi, à la faveur d’un placement judicieux devant Corsier, a réussi à marquer définitivement son adversaire, contraint à le suivre jusqu’à la SNG pour terminer 1’30’’ derrière lui. Malgré les conditions exceptionnelles, le record de l’épreuve inscrit en 1994 en 5h01’51’’ par Triga IV (Formule 40) n’est pas tombé. Foilers relégués Le GC 32 RealTeam, mené par Jérôme Clerc, était très attendu par les amateurs du genre. Les conditions étant particulièrement favorables aux voiliers volants, l’équipage avait une véritable chance de mettre fin à la suprématie des D35.

Mais les quelques «molles»rencontrées lors de la première partie de course ont eu raison de son potentiel dans la brise, et le retard pris à l’aller n’a pu être comblé au retour. Avec une arrivée un peu plus de huit minutes derrière le vainqueur, le bateau a quand même décroché une belle troisième place. Safram, le M1 de Rodolphe Gautier, optimisé pour ce type d’épreuves, faisait également partie des papables pour détrôner les seigneurs du Léman. Mais il n’a pas non plus réussi d’exploit, et termine avec plus de vingt minutes de retard, dixième en classe M1. Les M2 qui peuvent, dans les petits airs, représenter une sérieuse menace pour les plus grandes unités, sont restés sagement à leur place au vu de la force du vent. Le premier de la classe, Nils Palmieri sur TeamWork, est arrivé exactement une heure après le vainqueur, à la quatorzième place au scratch. Avec son remarquable temps de 6h11, il coiffe le précédent record de la classe, établi en 2014 par Michel Vaucher en 6h24. «La course s’est jouée lors de la transition au large de Lausanne, a relevé le vainqueur de ce Bol d’Or Mirabaud 2017. Depuis la barge du Bouveret, il a fallu trouver l’équilibre entre l’attaque et la prudence. Mais c’était tellement fort que même en étant prudent, nous allions de toute façon très vite, presque trop !» Des propos qui en disent long sur la folle chevauchée qu’ont vécue les concurrents lors du retour vers Genève.

La palme du mérite revient sans aucun doute à l’équipage de Vampire Project, de William Sunnucks et Graham Eeles, qui s’imposent en catégorie C1 (catamaran de 18 pieds) en 6h48. Avec leur 20e rang au scratch, les Britanniques qui naviguent sur un catamaran expérimental, doté de foils en T comme ceux des Moth, ont fait preuve d’une belle ténacité pour s’imposer dans des conditions éreintantes pour un petit bateau. Le sacre du roi Jean Les monocoques ont vécu une régate un peu différente, puisqu’ils n’ont pas rencontré de zone de calme lors de la montée vers le Bouveret. La bise couvrait en effet l’ensemble du plan d’eau au moment où ils sont entrés dans le Haut-Lac, une situation véritablement exceptionnelle. Le Libera Implantcentre Raffica, déjà vainqueur du Bol de Vermeil en 2012, 2013 et 2016, a mené la majeure partie de la course, résistant aux assauts de ses poursuivants sur tous le parcours. Malheureusement pour lui, deux de ses trapézistes sont tombés à l’eau à quelques kilomètres de l’arrivée. Incident sans gravité, mais qui a coûté la victoire aux Hongrois, classés finalement à la 9e place des monocoques. Syz & Co et Taillevent, qui le talonnaient, ont profité de la diversion pour prendre la tête et se livrer un duel mémorable dont Jean Psarofaghis est ressorti vainqueur avec seulement 52 petites secondes d’avance, après 8h44 de course. La troisième place est revenue au Psaros 40 Outsider 5-not Shy, de François Bopp. Le Psaros 33 Raïjin, mené par Patrick Girod, a dû quant à lui se contenter de la 4e place des monocoques. Jean Psarofaghis a ainsi signé son 5e succès sur cette épreuve qu’il connaît par cœur, et dont il détient le record en monocoque. «C’était très chaud ! Le retour a été très musclé et nous a coûté un spi et quelques jurons… Nous ne nous sommes jamais découragés et sommes heureux de l’avoir emporté.» Surprise à l’honneur Nicolas Anklin s’est pour sa part imposé en Surprise, la série la mieux dotée de l’épreuve avec 132 unités au départ. En terminant en seulement 11h05, l’équipage du Mirabaud 1 a fini avec presque un quart d’heure d’avance sur le deuxième, marquant clairement sa maîtrise du sujet. Le premier Grand Surprise, Little Nemo, a quant à lui eu besoin de 10h21 pour boucler son parcours, tandis que Gaston 3, meilleur Toucan, a dominé sa prestigieuse classe en 10h40’58’’.

Dans les autres classes, Nico Delle Karth, barreur du Quant 30, a gagné en TCF1 avec son Cold Duck, 42e au scratch. Jean-Luc Haldimann, sur Eole 7, termine 67e et premier en TCF2. L’imposant et confortable Cross Systeme de Janine Arnulf s’est imposé en TCF 3, alors que Marc Stern a signé une très belle victoire en TCF4 sur CDE.CH. Cette performance mérite d’être soulignée, puisqu’elle lui permet également de gagner ce 79e Bol d’Or Mirabaud en temps compensé, soit de s’adjuger le Trophée ACVL-SRS. Peu après 1 heure du matin, alors que quelques concurrents se battaient encore avec les éléments, 400 bateaux avaient déjà franchi la ligne d’arrivée. À 8h30, les 437 classés avaient tous terminé leur course. Le dernier, Déluge de Sergio Cooper Teixera, a eu besoin de 22h20 pour venir à bout de ce Bol peu habituel. Après un tel cadeau, nul ne sait si les dieux seront aussi bienveillants pour le 80e anniversaire de la course cette année. Mais une chose est sûre: ce qu’ils ont offert pour cette 79e édition restera gravé très longtemps dans les mémoires comme le Bol d’une vie.

 

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